Les Consuls de Montréal.


   On ne sait pas trop la date à laquelle fut établie la commune de Montréal, tout au plus en constatons-nous la première apparition en 1269.

   L'élection des consuls avait ordinairement lieu le 24 décembre, veille de Noël, dans la maison consulaire. Une seule fois, en 1560, elles eurent lieu dans la chapelle rurale de Notre-Dame de l'Amélhié, en raison du fait que la maison consulaire était infectée par la peste. Cette chapelle était située hors les remparts.

   Le conseil juré était composé de 24 bourgeois et notables qui élisaient quatre consuls dont le choix devait être agréé par le chatelain de Montréal qui représentait le roi. Les fonctions des consuls duraient un an.

   À partir de 1395, un consul est attribué à chacun des quartiers de Montréal désigné sous cette forme : Porte Tolzane ou gayte del Castel, Porte Esquine, Porte de Bracelone ou gayte de Vidal ou del Carme, Porte Razès ou Ayguière.

   Après chaque élection, les consuls et choisissaient les divers fonctionnaires municipaux.

   Le registre de ces élections est tenu de manière assez fantaisiste, agrémentée d'anecdotes ou de renseignements utiles comme par exemple la recette de la poudre à canon.

   La langue employée dans la rédaction des procès-verbaux est un français assez approximatif en usage à ce moment-là. Parfois des événements extérieurs n'ont pas permis de noter l'élection, c'est le cas de la destruction de Montréal par le prince de Galles en 1355, la révolte des Routiers en 1439, les Huguenots et la Ligue de 1561 à 1594.

   (Pour l'anecdote, je témoigne avoir vu dans la grande salle de ce qui fut la maison Antion, en fait maison du châtelain Lacaze, les quatre quartiers de Montréal représentés sur les quatre murs  par des chiffres sur fond bleu. C'est là que siégèrent les derniers représentants de Montréal sous l'Ancien Régime.)

   Comme on peut le voir à partir des exemples qui suivent, la lecture des textes manuscrits présente parfois quelques difficultés.

 


 

L'an 1549 finissant, 50 ont été élus consuls honorable homme meistre Johan de Bonafosse licencié, sire Jean Ytier, sire Guilhem Rbiera, sire Jean Benet et leur clavaire maître Louis Colombi, chirurgien.



 Note : On peut relever la manière de dater qui est assez déconcertante au premier abord.

Dans l'exemple  ci-dessus, il faut lire : l'an myl, b renversé surmonté d'un accent est en fait un v pour cinq et l'accent est un c pour cent. Après on a xlvij. L pour cinquante, moins x pour dix, égale quarante, v pour cinq, i pour un et j pour un. En effet : dans les nombres terminés par un i, celui-ci est remplacé par un j pour éviter la confusion. Ce qui, tout comptes faits, nous donne 1547.   C'est rusé, non ?



L'an mil Vc xlvij fenissen xlviij, som

estatz ellegis consulz de la present villo

de Morial : de portho Rezes, syra Johan

Sabatié, mage, premyer consul; de portho

dal Carme, syra Bonsons Auryol, segon sonsol: de

portho Esquivo, syra Guilhen Castand : de portho

dal Quastel, syra Johan Salvagier, darnier consul.

Lur notero meistre Vynsenz de Lilho ; lur

clavari, L. Columbi, chirurgien.

 

L'an 1547 finissant, ont été élus consuls de la présente ville de Montréal de la Porte du Razes, sire Jean Sabatié aîné, premier consul ; de la Porte du Carme, sire Bonsons Auryol, second consul : de Porte Equive, sire Guilhen Castand : de porte du Château, sire Jean Salvagier, dernier consul. Leur notaire, maître Vincent de Lilhe; leur clavaire, (c'est à dire le gardien des clés), L. Columbi, chirurgien.

 

 







1572. La manière d'écrire la date a changé. Le nom des quartiers aussi, la porte Esquive est redevenue Esquine. Le style est plus ample et de Lisle, anciennement de Lilho, a francisé son nom.

Nous sommes dans l'année de l'assassinat de Coligny...


Retour à l'accueil