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La Guerre de Cent Ans
Les Chroniques de Froissart, qui s'étendent à peu près sur la période de la Guerre de Cent Ans, évoquent Montréal à plusieurs reprises. Je me suis reporté à la transcription de Lettenhove en vingt-cinq volumes. Voici les mentions : T. IV, p.370 ; T.V, p. et 353 ; T. XXI, p. 23 et 435 ; T. XIV, p. 71. Infra est le passage du T. V, p. 353.
Il s'agit de l'attaque de la Ville par le Prince Noir et l'armée anglo-gasconne en 1355. Comme on le voit, cela s'est mal passé. Les grands remparts n'étaient pas encore construits, seule la ceinture ronde de fortifications existait autour de l'église, d'un diamètre de cent-vingt mètres et dont le centre était le quatrième contrefort du Nord en partant de l'Est. La Collégiale était équipée de hourds dont on voit encore la trace et ne fut peut-être pas prise.

Traduction approximative :
Quand les princes et leurs gens eurent repassé la rivière d'Aude
ils prirent leur chemin vers Montréal qui était une bonne
ville fermées de portes et de murs et qui est en Carcassonnais.
Ils l'assaillirent fortement quand ils furent venus là et la conquirent
de force et prirent de grand pillage ce que ceux du pays
y avaient amassé sur la confiance de la sûreté du lieu. Et là il y eut beaucoup de morts
foisons de paysans et d'hommes de ville parce qu'ils s'étaient défendus pour ne pas être rançonnés. Et ce fut
au départ des Anglais l'incendie général, et puis ils prirent
le chemin des montagnes en direction de Fanjeaux et vers
Rodez, brûlant tout et tailladant le pays, rançonnant toutes
les villes fermées et petits forts n'étant pas de taille à leur résister...
Lettenhove donne les précisions suivantes.
Montréal fut uni à la Couronne de France au mois de juin 1341 et obtint en même temps la confirmation de ses privilèges.
En 1369 Montréal ne compte que 383 feux (1915 habitants environ) et en 1381, leur nombre était réduit à 200 feux pour 1000 habitants. Soit une dépopulation de près de moitié.
J'ajoute qu'au début du siècle on comptait 1023 feux, c'est à dire plus de cinq mille personnes.
Les causes de cette déplétion sont à peu près connues : la Peste de 1347, qui est revenue de manière cyclique et a nettoyé la moitié de la population, le banditisme organisé avec les Grandes Compagnies, la Guerre de Cent Ans et quelques mauvaises années de récoltes. Cela suffit pour diviser une population par cinq. On lira avec profit Leroy-Ladurie, Les Paysans en Languedoc, pour saisir l'atmosphère du temps.
Il faudra longtemps pour remonter la pente et quand on y sera arrivé, débuteront soixante dix-années des Guerres de Religion. Et là, rebelote...
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