L'ancien propriétaire de Tourreilles nous a laissé une notre précieuse...

 

   Le village garde le souvenir de toutes ces institutions révolues, des anciennes familles qui l'habitaient et dont beaucoup sont éteintes. Quant au terroir, il compte de nombreuses métairies, autrefois seigneuries, fiefs au voisinage de prieurés et d'églises rurales.....

....Longtemps possession des Laurac, vassaux des vicomtes de Carcassonne, foyer de l'hérésie albigeoise, Montréal devait passer aux mains des croisés de Montfort et connaître les prédications et les miracles de Saint Dominique.

   Depuis, son histoire révèle divers épisodes dont les principaux sont la chevauchée du prince de Galles, dit le Prince Noir, en 1355, les heurts entre religionnaires et ligueurs à la fin XVIIIe siècle, la révolte, en 1632, du duc de Montmorency gouverneur du Languedoc.

   La Révolution laissa des traces dans la commune dénommée pendant un temps "Montlibre". Les anciens cadres politiques disparurent comme la plupart des institutions religieuses.

 

Le Vieux Montréal.

Le quartier de la Terrasse. On accédait directement au quartier de la Terrasse, centre politique du village, par la porte du Château ou porte Toulzane, et la rue de la porte du Château.

En bas de cette rue, le plan de 1838 indique la place de la Volaille, et Jean-Paul Bosc, chirurgien, habitait en 1775 sur le côté droit en montant. À gauche, la rue de la Terrasse et celle du Château qui menait à la résidence du chatelain, alors M. de Lacaze, propriétaire de Rébenty.

À l'angle des portes du Château et de la place se trouvait l'hôtel de ville où se réunissait le conseil politique et les consuls, au nombre de quatre.

La rue Porte du Château s'appelle au 19e siècle rue Bourbon et puis Pagès. Cette dernière dénomination destinée à perpétuer le souvenir du montréalais Pagès tué à l'assaut de Malakoff.

 

Le quartier de la Place.

Le quartier de la Place Couverte, de la Halle, tirait son nom de la halle où se tenait, comme aujourd'hui, les marchés. La principale artère, la rue de la Place ou de la Halle, où sont plusieurs demeures privées de belle apparence.

Citons en 1775, côté gauche, celle de Jean Toureilles, de Jean-Pierre Germa, et de Jean-Pierre Sabatier docteur en médecine. Côté droit : celles de Jean de Maguelonne, de Paul et Bernard Albigès, de Joseph Sarrail...

En 1850, la municipalité décide d'acquérir l'une d'entre elles, la maison Sarrail-Garignon, pour y installer la mairie, qui était près de l'église. Une partie de l'immeuble fut réservée vers la même époque à la Gendarmerie. À l'extrémité de la rue, le porche permettait d'arriver au puits communal. À sa hauteur se rejoignaient la rue de la porte Esquive (rue Royale en 1838) où se trouvaient les fours banaux de la communauté et la rue de l'Eglise (rue Malbec) sur laquelle débouchait la rue de l'Améllié à l'Eglise.

Les Huc, originaires de Cennes-Monestié, habitaient dans cette dernière, côté droit. Me Jean Farabosc, notaire, avait son domicile du côté gauche. Montréal avait plusieurs études. Trois subsistèrent à partir de 1660 et atteignirent le XIXe siècle : étude Farabosc (1463 - 1807), étude Albigès (1652 - 1919), étude Fabre (1545 à nos jours), du nom des notaires ayant marqué chacune d'elles.

En 1838, cette rue est baptisée rue Frère, du nom du général George frère, né dans la commune le 11 janvier 1762, fils de Joseph Charles Frère, docteur en médecine, et de Jeanne Ursule Segonne, décédé à Paris le six février 1826.

 

Le quartier de l'église.

L'église Saint-Vincent abrita jusqu'à la Révolution le Chapitre collégial et l'église paroissiale. Le Chapitre, érigé en 1317 par le pape Jean XXII, était composé de prébendés, de bénéficiers, de chanoines, sous la direction du doyen. Certains chanoines avaient leur maison personnelle, à l'exemple de messire de Badens, domicilié rue de l'Amellié, à l'actuelle perception. Mais la plupart, les moins favorisés vivaient en communauté, le Chapitre possèdait deux maisons contiguës dans la rue du Pech du Moulin, actuellement rue des Fleurs.

Notons parmi les doyens qui se sont succédé à Montréal : en 1448, Hélie de Pompadour, futur évêque d'Alet, Jean de Bonnafos, reçu en 1581 comme conseiller-clerc au Présidial de Carcassonne et qui testa en 1596 ans la cité de cette ville, Vitalis de Voisins de la Tourrète en 1690, Joseph de Lordat de la maison de Bram, et, en 1722, Guy Duparc de Bellegarde, qui devait devenir vicaire général de Carcassonne.

Le Chapitre tirait ses revenus des métairies qu'il donnait à bail, des bois du Chapitre dans la Malepère et des moulins à la sortie de Montréal, vers Bram.

 

La place de l'église, où place Saint-Vincent, était bordée en 1775, par le jardin de Géraud de Saint Jean, les maisons de Jean-Pierre Fargues, Georges Sant, chanoine, et Jean-Paul Rigaud. La petite rue montant à la porte ouest de l'église s'appelait rue du Porche, le côté gauche en était occupé par une maison appartenant à Jean Denat et par l'immeuble des Soeurs de Nevers.

Les frères des Ecoles Chrétiennes avaient leur maison dans la rue de la porte du Cers, connue sous le nom de rue de l'Ancienne Mairie. Les Frères assuraient l'éducation chrétienne et civile des enfants de la paroisse, comme l'avaient fait auparavant les régents de grammaire et de latinité. Au 19e siècle, ils se consacrèrent à leur tâche dans l'établissement de la rue des Frères, actuellement maison des oeuvres.

Les écoles publiques ne s'ouvrirent qu'à la fin du siècle dernier. L'école des garçons était installée en 1891 dans la maison Jules Pagès, tandis que le conseil municipal portait son choix sur la maison de Fidèle Gaubert, à la place de la porte du Razès, pour y mettre l'école des filles.

Le moulin situé sur la butte de l'église, à l'arrière, donnait son nom à la rue du Pech du Moulin, devenu la rue des Fleurs. Dans cette rue, on note les deux maisons du Chapitre dont l'une servit de presbytère à partir de 1803. C'est la municipalité qui fit l'acquisition de cet immeuble, alors qu'elle étudiait les problèmes posés par la réorganisation du clergé. Elle avait à fixer les traitements du curé, des trois vicaires, des clercs. À ce propos remarquons l'importance du clergé local. Il est vrai qu'à cette époque la population s'élevait à 3 259 habitants répartis entre le village et les campagnes. Au-delà de ces maisons s'alignaient les demeures de Henri Farabosc successeur de Jean Farabosc, de Jean-Pierre de Bonnafos, de Mme Lanapla d'Orbessan, de Barthélémy Lajugnie, tuilier, et Pierre Denat, meunier.

Le plan de 1830 signale après le presbytère et une seconde maison Germa aîné, Fargues Oscar Sébastien-Rose Sarrail. De l'Esépérou descendait la rue de la porte Esquine. Entre le quartier de l'église et celui des Carmes se situe la Place Vieille d'où partait le Chemin de la Fontaine, le rue Haute ou des Carmes, la rue Basse et la rue du Quayre.

 

Quartier des Carmes ou de l'Hospice.

Dans la rue Haute, il y avait l'enclos des Pénitents avec leur chapelle. C'est Peironne Albigès, veuve de Louis Salvager, qui "vendit la place pour faire la chapelle des Pénitents Blancs de cette ville" ; son testament est daté du 13 Février 1639. A la Révolution, les assemblées primaires pour les élections cantonales se tenaient exceptionnellement dans l'église des Pénitents.

Plus loin se situait le couvent des Carmes. Mahul rapporte que le premier couvent fut bâti en 1293, au lieu-dit "Puits d'en Razeyre" près de la Porte de Bracelone et qu'il fut détruit par les Anglais en 1355 ; on le rebâtit ensuite "intra muros" *. Au lendemain de la Révolution, le bâtiment abandonné par les religieux, accueillit l'hôpital ou hospice, servi par les soeurs de Nevers, déjà mentionnées. En face du couvent un four banal de la communauté desservait cette partie de la ville qui se terminait à la Porte de Barcelone.

 

Note *. Latorre estime qu'on peut lire "infra muros", en effet : entre le t et le f, il est bien délicat de trancher. Je serais de son avis dans la mesure où nous sommes à l'époque de la construction des remparts de la ville et que la chapelle de Pierre de Montaigu est déjà érigée sous les futurs remparts (1315) qui passent précisément rue des Remparts. Si on garde "intra", il faut alors admettre l'hypothèse que les Carmes occupaient alors l'emplacement des Pénitents Blancs. A moins que le massif de maçonnerie situé entre le portail de l'église et l'entrée principale de l'hospice actuellement soit le vestige de ce rempart. Il faudrait en donner acte à Pech de Laclauze...

 

Les faubourgs.

La Barry, l'Amandier, le Quayre.

Au-devant de chacune des portes de la ville s'étendait un faubourg. A proximité de la Porte du Château, le Barry, avec l'aire du château où se faisaient les dépiquaisons. A la suite le faubourg de l'Améllié se groupait autour de l'église du même nom. Celle-ci fut fondée par Pierre Elie de Villarzel, ancien doyen. Ses descendants étaient titulaires de la fondation et avaient à ce titre le droit de représentation tandis que le Chapitre possédait le droit de collation et d'institution.

Une croix marque aujourd'hui l'emplacement de cette église disparue. Dans le voisinage se dresse la chapelle des Anges restaurée récemment. Le faubourg se prolongeait par celui du Quayre en face de la Porte du Razes.

 

Les promenades actuelles remontent au début du XIX° siècle. Le Conseil Municipal, dans sa réunion du 6 Floréal An X, examina le projet d'une promenade devant la Porte du Château pour répondre au désir des habitants. Il décida de transporter le chemin de la Fontaine le long du rempart, de combler l'ancien fossé et de le mettre au niveau de la promenade. L'Avenue du Portail ou de la Porte Rose, suivies de la Promenade de la Fontaine seront portées sur le plan d'alignement de 1838. Le sol du château fut transformé en Promenade du Château avant de devenir le Jardin Notre Dame. Sur cette Promenade on éleva une croix de mission en 1844 et une statue de la Vierge en 1865 pour perpétuer le souvenir du dernier jubilé.

Le Monument aux Morts de la Guerre 14/18 fut remis à la Ville le 26 Septembre 1920; la municipalité était alors présidée par Paul Vidal qui fut maire de la commune pendant longtemps, conseiller général de l'Aude. Son nom fut donné au jardin après sa mort le 16 Janvier 1939.

Vers 1872 une nouvelle place, en bas de la rue Frère, fut aménagée et reçut le nom de Grillères en hommage à Louis Barthélémy Grillères, propriétaire qui, étant maire, fit amener en 1869 jusqu'au village, les eaux de la Grande Fontaine et celles du Rébenty. En outre une plaque fut apposée en 1902 sur le réservoir, derrière l'église. Signalons, avant de quitter ce faubourg, que la Poste est installée depuis 1903 dans l'ancienne maison Caffort.

 

La Caussade et la Porte Esquive.

A la Caussade, située à la hauteur de la Porte des Carmes, la Promenade des Carmes continuée par celle de la Madeleine remplace le chemin le long des caves. La Mare des Carmes, comblée, fit place à un petit jardin. Une modeste rue, simple chemin en vérité, porte le nom de Saint Dominique et aboutit au chemin de Stricou.

Au bout du chemin, le long des caves, était implanté le faubourg Esquive, relié au centre par la rue de la Porte Esquive, descendant de l'Espérou. Au pied des remparts, les fossés devenus inutiles firent place à l'Allée des Soupirs, la Mare de la Prune subsista quelque temps encore **.

Note ** : jusque dans les dernières années 1950.

 

Aucune entrée n'existait primitivement là où on a coutume de pénétrer dans le village en venant de Bram ou de Carcassonne. ***. La rue Bellair n'apparut que sur le tard. La route nationale 119 supplanta le chemin de Montréal à Carcassonne et le long de la route de nouvelles constructions apparurent, des garages remplacèrent les affenages, les autobus prenant le pas sur les attelages, la ligne Montréal-Carcassonne était assurée en 1911 par la maison De Dion-Bouton.

Note ***. Il existait un chemin qui allait des fours banaux au moulin de Prunel. C'est l'ancien boucher Trochu, alors conseiller municipal, qui eut l'idée saugrenue de la faire rebaptiser Bellair, sans doute pour faire oublier qu'auparavant elle se nommait rue de Lauriol ou du Lauriol, c'est à dire un endroit où croissaient des lauriers largement fumés par la vidange des seaux de merde.

 

L'hôpital Notre Dame de Grâce est porté sur le compois de 1775, au bord du chemin de Montréal à Bram....

 

 

Le reste du document est malheureusement illisible....

 

retour à l'accueil