Nous sommes pendant les Guerres de Religion et le canon tonne souvent pour abattre les murailles essentiellement, occasionnellement pour tirer l'arquebuse.

La poudre est un produit stratégique dont la fabrication et le transport sont surveillés. Nous retrouvons la recette de cette poudre au dos d'une délibération, dans le Leudaire de Montréal :

 

Si on calcule les proportions, 75% de salpètre, 18.5 de soufre et 6.25 de charbon, ça devait cogner !

 

 

11 mai 1589.

Lettre de Joyeuse aux Consuls de Narbonne.

 

Messieurs les consulz, ...,

Je vous avois dernierement escript que ung pouldrier de vostre ville avoyt changé son magasin à Montreal; despuis j‘ay eu advis qu’il comanse a y travaller et qu’il a contracté avec ceulx de Carcassonne de les prouveoyr de pouldre. Il est besoing que vous pourvoyes à cella ; il ne fault pas permettre que ceulx qui habitent en vostre d. ville donnent de telles comoditez aux ennemys. J ’en avoys desja parlé à voz depputez qui estoient icy aulx estatz; ilz vous diront qui est ce pouldrier... De Castelnau, ce xi may 1559. Vostre entierement hon amy, Joyeuse.

 

Source : Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne.

 

Ce poudrier se nommait Jean Dorieu. Averti par sa femme que les consuls de Narbonne le soupçonnaient de fabriquer la poudre pour la vendre aux ennemis, il leur écrit le 7 mai de Montreal pour les assurer de sa fidelité et leur faire savoir que toute la poudre est destinée â la ville de Narbonne,

sauf un quintal et demi réservé aux consuls de Montréal. Le 16 mai, Maître Satge, lieutenant en la cour royale de Montolieu et les consuls de ce lieu attestent que depuis le 1° mai Dorieu se tient à Montréal " y trevalhant et faisant de la salpetre"  et qu'ils lui ont donné la permission " à piller et à fere piller ses salpetres et les convertir en pouldre aud. Montolieu... pour icelles poudres volloir rendre en la dite ville de Narbonne ".

Ils déclarent que de la poudre tant à gros grain que à menu grain il en a été fait trois quintaux environ.

Le même jour Dorieu écrit aux consuls de Narbonne deux lettres l'une de Montreal, l’autre de Montolieu, leur annonçant que la poudre qui leur est destinée n'est pas encore sèche, mais qu‘il espere partir le lendemain.

 

Ce qui serait intéressant de savoir c'est la raison pour laquelle le salpètre (nitrate de potassium) est produit et pulvérisé à Montréal et la poudre assemblée à Montolieu.

Montréal ayant un gros cheptel et le salpètre étant fabriqué par lessivage du fumier, il est possible d'imaginer que celui-ci ait été un sous-produit de l'élevage. Quant au charbon de bois de "sause vert", c'est à dire de saule vert, peut-être était il une spécialité de Montolieu ?

Quand au soufre pur, solpre viven, ou "fleur de soufre", c'est à dire non combiné à l'oxygène, il devait venir de la Haute Vallée où existent des gisements.

La poudre était mouillée à la fabrication pour former des gâteaux qui étaient ensuite émiettés et tamisés, c'est pourquoi il est question de séchage.

Le choix du charbon de saule vert, nous dit Sabarthès, permet une meilleure brisance.

 

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