L'aspect du relief que nous connaissons au village a été singulièrement adouci au cours des siècles sous les effets conjugués de l'érosion naturelle et de l'érosion urbaine.

 

Voici quelques observations.

 

Le devant de la Collégiale a été décaissé de la hauteur des escaliers. A l'époque on sortait de plain-pied de celle-ci ainsi que de la porte de l'ancienne sacristie. Le caisson du bas du clocher a été rajouté pour masquer sa fondation, il est posé sur le roc.

A gauche du grand escalier on voit nettement la fondation qui est renflée par rapport au mur. Au Nord cette érosion est d'environ un demi-mètre visible sous la porte murée voisine de la Chapelle obscure.

Au Cers, la descente assez raide était à l'origine contenue par un mur visible sur le compois de Louis XV.

 

Dans le haut de la rue Lafayette, on voit sur le bas de la maison Comber un petit éclairage. Celui-ci surmonte une fenètre visible dans la cave. Le remblai atteint là plusieurs mètres. La sous-structure en briques de la maison Comber est vraisemblablement extrêment ancienne, peut-être du XIII°.

 

Rue Malbec, dans la cave de la maison Salvaire, on voit un escalier qui monte en direction de la rue. Cela suppose que précédemment cette rue n'existait pas, qu'elle était au contraire bâtie et qu'à l'emplacement de cet alignement de maisons se trouvait une rue. Cela est confirmé par la position d'une fenêtre dans la cave de la maison Ferrasse.

Il y a lieu de penser que la rue Malbec était droite, sans la baïonnette qu'elle forme à cause de la maison Ferrasse. Ceci est confirmé par le jour qui existe dans le garage Naudy qui est un vestige de celle-ci. D'ailleurs l'ancienne maison Bordenave, qui est contigüe à celle de Ferrasse montre le vestige d'une autre ruelle qui lui était parallèle.

 

Dans le village que les rues étaient plus étroites qu'aujourd'hui et qu'on n'hésitait pas à y construire pour libérer l'emplacement de la maison qu'on venait de démolir pour en faire une rue. Ceci est évident rue du Caire ou un alignement de puits est au milieu de la rue.

 

A l'emplacement de la Salle polyvalente, le niveau habité se trouvait quatre à cinq mètres plus bas, autour de la source encore visible sur le vieux compois. Le site archéologique a été immédiatement et délibérément saccagé par la Mairie.

 

Le jardin de Blin est en remblai de plusieurs mètres, la rue Basse ne débouchait pas sur la Promenade et celle-ci était le lit d'un exutoire pluvial qui est aujourd'hui comblé. Cette partie du village, Sarro l'Esclop, formait la fortification du quartier de Barselone.

Toujours à propos de la rue Basse j'emets l'hypothèse qu'elle a été ouverte à la fin du XIII° siècle pour une excellente raison : c'est la seule qui permette à un attelage de monter jusqu'à la Collégiale or, les pierres de construction, il a bien fallu les amener.

Et ce qui me fait penser que c'est par cette rue et pas par une autre, c'est la volée d'arches que l'on peut voir dans la maison Comber. Il s'agit manifestement d'une construction destinée à contenir le remblai servant à franchir l'escarpe située sous le rempart.

Par la présence d'une pièce de billon coincée entre les pierres, on sait que cette volée d'arches était construite au début du XIV° siécle. Depuis quand ? Nous n'avons pas encore de réponse certaine.

 

 

En haut de cette rue se trouvait une "villa romaine", à l'emplacement du parking Dufrêne. Les vestiges de celle-ci on été délibérément détruits par le détestable garçon-boucher qui était adjoint aux travaux. A l'occasion des travaux sur ce parking, on a trouvé aussi de la poterie au colombin d'une grande antiquité.

 

La maison Belmas, au coin de la rue Louis Nègre et de la rue de la Porte des Rozes, est construite sur un remblai considérable de plusieurs mètres.

 

La rue qui descend de l'Ecole des Frères jusqu'à celle du Cayre n'était pas si pentue. Cette partie du village était une terrasse dominant la place des Ormeaux.

 

Le quart de cône de la place de l'Espérou. Sa régularité laisse penser qu'il n'a rien de naturel, ce d'autant plus qu'une rigole, aujourd'hui masquée par le muret de séparation, semble indiquer le tassement de celui-ci sur le sol naturel. On a lieu de penser qu'une batterie de canons était disposée à cet endroit stratégique pendant les guerres de Religion, celle-ci prenait en enfilade la route de Carcassonne et celle de Bram. On a retrouvé des boulets dans le secteur.

Je n'ai guère d'éléments précis pour dire à quelle époque il a été aménagé, je sais seulement qu'on y a trouvé une pièce datant de Henri II et qu'à l'origine le rempart passait au milieu, c'est à dire vers 1362. La fourchette est donc d'un siécle et demi et correspond au développement de l'artillerie.

 

L'entrée du village au niveau de la caserne des Pompiers est récente, probablement la fin du XIX°. Il existait une escarpe et probablement une poterne dans l'alignemment de la façade Nord de la Mairie. Le nom de  Chemin de Ronde a été conservé. Quant à l'Allée des Soupirs, il faut entendre allée des Soupiraux encore que ce chemin n'était rien moins qu'une allée. Il passait sous la prison. A l'emplacement du gazon se trouvait un fossé plein d'eau. En réalité un cloaque alimenté par le ruissellement des pluies d'hiver. Le mur  que nous voyons aujourd'hui n'est pas le rempart mais date plus vraisemblablement du XVIII°.

 

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